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À l’occasion du classement 2025 ChangeNOW/Les Echos des grandes écoles en transition écologiques et sociales, j’ai voulu vous partager 4 approches différentes et ambitieuses.

Les stratégies déployées par le Ministère de l’Enseignement supérieur, l’Icam, Neoma Business School et l’ESCP.

Le ministère en stratège national

Le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE) a endossé un rôle de pilote, fixant un cadre national pour l’ensemble des établissements. Lors de la 3e Journée nationale de la transition écologique pour un développement soutenable (TEDS) en décembre 2025, le ministère a réaffirmé que les établissements ont un « rôle essentiel à jouer » pour former les compétences et produire les connaissances nécessaires à la transition.

Depuis 2022, un effort de structuration a été imposé : près de trois quarts des établissements ont produit un schéma directeur « développement durable et responsabilité sociétale et environnementale » (DD&RSE). Parallèlement, le ministère accompagne la généralisation des bilans d’émission de gaz à effet de serre (GES) en définissant un cadre méthodologique commun.

Le MESRE prépare une nouvelle version de son plan « Climat, Biodiversité et Transition écologique » pour fin 2026, articulée autour de cinq axes prioritaires :

  1. Évolution de l’offre de formation.
  2. Recherche porteuse de solutions.
  3. Adaptation au changement climatique.
  4. Métrique de la biodiversité.
  5. Frugalité numérique.

EXTRAIT DU COMMUNIQUÉ DU MESR

10 décembre 2025 :

3e Journée nationale de la transition écologique pour un développement soutenable dans l’ESR

Depuis plusieurs années, la transition écologique est un enjeu majeur pour la France, même si beaucoup reste encore à faire. Le MESRE et les établissements de l’ESR ont un rôle essentiel à jouer dans ce domaine. Leur responsabilité est de contribuer à la construction et au déploiement des moyens qui permettront de répondre aux grands défis de la transition écologique, en formant les compétences et en produisant les connaissances dont elle a besoin pour concevoir les solutions adaptées.

Cette 3e édition des Journées nationales de la transition écologique pour un développement soutenable (TEDS) dans l’ESR a réuni à Rennes l’ensemble des représentants des établissements de l’ESR (Universités, Écoles et ONR), autour de trois tables-rondes portant sur les schémas directeurs « développement durable et responsabilité sociétale et environnementale » (DD&RSE), la recherche, ou encore la formation à la TEDS, avec en ouverture une intervention de Valérie Masson-Delmotte, membre du Haut Conseil pour le Climat.

Lire le communiqué entier.

L’Icam : l’approche structurée de l’ingénieur

L’Icam, école d’ingénieurs, a placé l’« écologie intégrale » au cœur de son plan stratégique 2020-2025, considérant la transition écologique et sociétale non plus comme « un choix mais une condition sine qua non ». Cette vision se traduit par un schéma directeur DD&RS 2024-2026 très détaillé, qui s’aligne sur le référentiel DD&RS et l’Accord de Grenoble.

La stratégie de l’Icam est construite sur cinq axes : stratégie & gouvernance, enseignement & formation, recherche & innovation, environnement, et politique sociale. Les objectifs sont quantifiés et datés, visant notamment :

  • La labellisation DD&RS à l’horizon 2026.
  • Une réduction des émissions de GES de 3 % par an par rapport à 2021.
  • L’intégration des enjeux de transition dans toutes les formations.

Le bilan carbone 2024 révèle que les déplacements représentent 47 % des émissions (6 286 TeqCO2), la voiture thermique étant le principal contributeur. Malgré une augmentation des émissions en volume (13 560 TeqCO2), l’impact par étudiant diminue à 2,5 tCO2eq, ce qui place l’école dans la moyenne du secteur. L’école déploie des actions concrètes sur ses campus, comme le projet « zéro déchet » à Grand Paris Sud, la promotion des « Low-Techs » pour « viser l’ingénierie de l’essentiel », ou encore le « LabUpCycle Challenge » à Douala, qui incite les étudiants à donner une seconde vie aux équipements obsolètes.

Lire la lettre de développement durable #5 de l’ICAM

Au passage, profitez-en pour jeter un œil curieux sur le Schéma directeur DD&ES de l’ICAM.

Neoma : la transformation par la formation des formateurs

Neoma Business School se distingue par son programme global « Neomact », qui lui a valu la troisième place du classement ChangeNOW/Les Echos. L’école a adopté une approche systémique en commençant par la formation de ses propres équipes. La totalité des enseignants-chercheurs a suivi un « parcours de formation obligatoire et certifiant » aux enjeux de soutenabilité, en partenariat avec Axa Climate, incluant des ateliers comme celui sur les limites planétaires et « 2tonnes ».

Cette transformation interne irrigue ensuite l’ensemble des cursus. Les étudiants du Programme Grande École et du Global BBA sont formés aux grands enjeux et incités à appliquer ces connaissances sur le terrain. Leurs rapports de stage doivent désormais analyser la politique RSE des entreprises. Elise Bruchet, directrice de la transition, souligne une volonté de « transformer les disciplines » de l’intérieur.

L’école implique également fortement ses associations étudiantes, qui siègent au comité de direction sur la transition et « challengent » l’établissement. Cette collaboration a abouti à la mise en place d’un « Bonus Green Mobility » pour encourager les mobilités douces lors des échanges universitaires.

« A Neoma, nous avons formé tous les enseignants-chercheurs aux enjeux de soutenabilité »

Elise Bruchet, NEOMA

 » Nous avons beaucoup investi ces quatre dernières années sur l’enseignement : de nouveaux professeurs nous ont rejoints sur les disciplines de finance durable, économie circulaire, supply chain durable. Nous avons formé tous les enseignants-chercheurs aux enjeux de soutenabilité avec un parcours de formation obligatoire et certifiant, monté en partenariat avec Axa Climate. »

Lire l’article.

ESCP : la puissance du moteur associatif

Classée deuxième au classement général et première sur l’implication des associations étudiantes, l’ESCP mise sur l’engagement de ses élèves comme principal levier de sa transition. L’école a identifié 19 associations investies dans la durabilité et entretient des liens étroits avec cinq d’entre elles, organisant des rencontres mensuelles pour suivre et soutenir leurs projets.

Cet appui n’est pas que moral ; il est aussi financier. L’ESCP consacre environ 100 000 euros par an au financement de projets associatifs liés à la durabilité et à l’impact social. Ces initiatives étudiantes sont variées, allant de l’organisation d’un trek écoresponsable (Star Trekk’) à la lutte contre le sexisme (Girl Up), en passant par des projets sur l’écoféminisme ou la mise à disposition de protections hygiéniques bio sur les campus.

Pour Gorgi Krlev, doyen du développement durable, ce soutien est un « moyen fort d’aider nos étudiants à développer des compétences autour de l’univers de l’impact, en complément de ce qu’ils apprennent en cours ».

EXTRAIT DE L’ARTICLE DES ECHOS 11.12.2025

Parmi ses quelque 71 associations étudiantes, l’ESCP a tissé des liens rapprochés avec cinq d’entre elles : la branche ESCP d’Oikos International, qui promeut le développement durable dans l’enseignement du management et de l’économie ; Noise, qui vise à faire connaître les innovations à impact positif pour la société ; Lighthouse, association de conseil durable ; GEA Sustainability, qui travaille à rendre les campus plus durables ; et Agora, conseil des étudiants de l’école, disposant d’une branche environnementale. La direction organise des rencontres mensuelles avec leurs représentants, afin de suivre leurs avancées et de leur proposer du soutien.

« Au total, nous avons identifié 19 associations investies dans les sujets de durabilité », relève Gorgi Krlev, doyen et professeur associé de développement durable à l’ESCP. Il en cite plusieurs : Star Trekk‘, qui organise chaque année un trek écoresponsable ; Fleur de bitume, qui lutte contre l’exclusion sociale ; ou encore 180 Degrees Consulting, qui propose du conseil aux organisations à but non lucratif et aux entreprises socialement responsables.

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Approches et points de convergence

EntitésApproche principaleMots-clés
MinistèreTop-down et régulatrice : fixe le cadre national et incite à l’action.Plan national, schémas directeurs, cadre méthodologique, TEDS.
IcamStructurée et opérationnelle : déploie un plan détaillé basé sur l’ingénierie.Écologie intégrale, schéma directeur DD&RS, bilan carbone, Low-Techs.
NeomaPédagogique et systémique : transforme les programmes en formant d’abord les enseignants.Neomact, formation des formateurs, transformation des disciplines.
ESCPBottom-up et responsabilisante : s’appuie sur le dynamisme des associations étudiantes.Engagement étudiant, financement associatif, développement de compétences.

Malgré des approches distinctes, plusieurs points communs forts se dégagent :

  • La formalisation de la démarche : Toutes les entités s’engagent dans des plans structurés (schémas directeurs, feuilles de route) et visent, pour les établissements, des labels reconnus comme le label DD&RS.
  • La mesure de l’impact : Le bilan carbone devient un outil de pilotage incontournable pour identifier les postes d’émissions majeurs et définir des trajectoires de réduction.
  • L’intégration curriculaire : L’enjeu n’est plus de proposer des cours optionnels, mais d’infuser les thématiques de la transition dans l’ensemble des disciplines et des parcours de formation.
  • L’engagement étudiant : Qu’ils soient moteurs de l’action comme à l’ESCP ou acteurs de projets ciblés comme à l’Icam, les étudiants sont au cœur des dispositifs.
  • La mobilité durable : La réduction de l’empreinte carbone des déplacements est une priorité partagée, se traduisant par des incitations financières et la promotion des alternatives à la voiture individuelle et à l’avion.
  • Les outils de sensibilisation : Des ateliers comme la « Fresque du Climat » ou « 2tonnes » sont devenus des standards pour acculturer l’ensemble des communautés (étudiants, personnels, administrateurs).

Article rédigé par Fabrice Bertocci, Directeur marketing en temps partagé pour l’enseignement supérieur et les CFA.

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