Conseil et marketing externalisée pour le supérieur et OFA

Par Fabrice Bertocci
J’ai vu mon ami Filippo hier, et nous évoquions quelques faits d’armes de l’époque où nous travaillions aux éditions Belin. Il m’a convaincu de relater cette opération, restée unique par son ampleur, que Belin et Veolia ont menée conjointement en 2016 : la collecte et la valorisation de millions de manuels scolaires.
C’était pharaonique ! Voici l’histoire.
En 2016, face au renouvellement complet des programmes scolaires du collège, Belin Éducation et Veolia ont choisi de transformer une contrainte environnementale en une opportunité d’innovation responsable. C’est ainsi qu’est née l’opération Écogeste Collèges 2016 (reconduite en 2017) : une initiative pionnière de recyclage à grande échelle dans le secteur de l’édition scolaire.
Les années scolaires 2016-2017 marquent un tournant dans les programmes de l’Éducation nationale, imposant aux collèges de renouveler l’intégralité de leurs manuels scolaires. Résultat : 21 millions d’ouvrages devenus obsolètes en quelques mois. Cela représente 13 500 tonnes à valoriser. Un enjeu logistique et écologique majeur.
Plutôt que de laisser ces ressources finir à la benne, Belin Éducation s’est associée à Veolia pour imaginer une solution globale de collecte, tri, valorisation et recyclage.
Communiqué de presse Belin – Veolia
J ’étais à la manœuvre, côté Belin, pour la communication de l’opération auprès de tous les collèges de France métropolitaine (nous ne pouvions réaliser cette opération en outre-mer), ainsi que pour la valorisation des fiches pédagogiques sur l’environnement et les écogestes que nous avions éditées pour l’occasion.
C’est Alice Robin (que je salue) chez Veolia qui a magistralement conçu et piloté le colossal chantier de logistique de proximité : récupérer les manuels usagés dans chaque collège volontaire.
L’opération a été conçue comme un projet à la fois logistique, pédagogique et environnemental :
Au-delà de l’enjeu matériel, Écogeste Collèges 2016/2017 a permis de sensibiliser les élèves et les équipes éducatives à l’impact environnemental des ressources scolaires.
De nombreux collèges ont intégré l’opération à des projets d’établissement ou d’éducation au développement durable (EDD). Des fiches pédagogiques très fournies ont été réalisées par les équipes éditoriales de Belin et mises gratuitement à disposition de tous les enseignants.
Des centaines d’articles ont relayé cette opération saluée de toutes parts.
Des dizaines de photos de collégiens, avec leurs enseignants, fiers de la collecte qu’ils avaient réalisée, circulaient. Chaque collège recevait de Veolia un certificat mentionnant les kilos collectés et leur valorisation en euros, reversés à UNICEF France. Une double bonne action !
L’enthousiasme des collégiens et des équipes était palpable. La dynamique était incroyable !
J’avais Alice au téléphone tous les jours et je mesurais bien le défi logistique qui était le sien : livrer des conteneurs aux collèges pour y verser les manuels obsolètes, prendre ensuite rendez-vous pour les récupérer. Tout cela, chaque jour, dans tous les recoins du territoire.
Mais l’enjeu, et la cohésion autour de ce projet dans chaque collège, en valaient la peine.
Bien qu’elle n’ait pas été rentable au sens financier strict, l’opération a généré des retombées importantes :
Le WWF, a mentionné cette opération unique et exemplaire dans son rapport de 2019 consacré à l’économie circulaire dans le livre. Et j’ai pu contribué à quelques ateliers qu’ils avaient organisé avec les éditeurs scolaires.
Lors de la réforme des programmes du lycée, tous les éditeurs se sont fédérés pour rééditer l’opération, toujours avec Veolia. Les volumes étaient moindres, la dynamique aussi.
Ce qui a fonctionné pour les deux premières éditions ? L’énergie des naïfs qui ne savaient pas encore combien ce serait difficile (n’est-ce pas Alice ?), l’attrait de la nouveauté… et puis, je dirais aussi, le tandem que nous formions, Alice et moi, qui a permis de relever tous les défis sans jamais basculer du côté obscur de la force.
Elle a été un succès (pas économique : Veolia en a supporté le coût), et reste aujourd’hui un cas d’école. Je suis très fier de l’avoir menée, sous l’impulsion de Sylvie Marcé, présidente de Belin à cette époque (et que je salue également).
Une opération nationale comme celle-ci était démesurée.
Mais à l’échelle locale, des projets à portée pédagogique et citoyenne sont menés en permanence.
Il faut les soutenir, les encourager. C’est une façon d’apprendre en agissant et de fédérer les acteurs de notre cité autour de l’école… qui en a bien besoin.
👉 Si vous avez besoin d’un coup de main pour vos projets, vous me trouverez toujours !